Préliminaires

Les préliminaires commencent lors de l’éloignement des corps. Quand les êtres séparés commencent à se désirer et s’imaginent mutuellement, se caressant avec la pensée persistante d’un futur proche où ils seront de nouveaux réunis. Le sperme coule et le désir ne s’étanche pas pour autant tant que la rencontre n’a pas pu se concrétiser physiquement. Rien ne viendra à bout de l’envie de mon désir.
Distances makes the heart fonder and makes my desire thicker and stronger.
Ton corps, je l’ai déjà en mémoire. Tout tes petits boutons, tes petites blessures d’enfances, nos souvenirs partagés, au lit ou dans le métro, au réveil ou pendant un concert, toujours attaché par la main, le torse ou les lèvres. Après l’amour, le désir recommence, amorcé comme une bombe par la couleur de tes cheveux, un sourire en coin, ou ta présence dans mon dos avant même que je ne me retourne.
La nuit, la journée de travail, le métro, tous sont des préliminaires car jamais ne s’arrête mon envie de te faire l’amour. Je ne saurais te “baiser” ou me retenir de t’embrasser. Ces concepts me sont étrangers quand mes envies s’enflamment et qu’aucun doute ne pourrait me retenir de te déshabiller. Il y a bien que des conventions sociales pour me retenir de t’enlever tes vêtements quand tu ouvres la porte, histoire de ne pas me brouiller avec tes voisins qui nous découvriraient sur le pas de la porte.
Excusez nous, nous ne faisons que jouir. Retourner faire la même chose chez vous, et laissez nous nous retrouver. Nous retrouver, nous embrassez, nous enlacez, nous éloignez, puis recommencez. Encore, encore, encore et encore.
Et oui, je te vois cet après-midi, et oui et il ne nous reste que quelque heures avant de nous voir. Mais ce n’est pas suffisant pour m’empêcher de m’exciter à cette idée de pouvoir à nouveau te caresser, te sentir te blottir dans mes bras, et sourire enfin de nouveau d’un plaisir partagé qui n’attends plus que quelques instants avant d’être consommé.